Lutte contre les feux de brousse: Vers l'application des " dina "

Publié le par Alain GYRE

Lutte contre les feux de brousse: Vers l'application des " dina "       

Mardi, 02 Juillet 2013 07:55 

Malgré les multiples dispositifs de conservation, les gens de campagne en général et ceux habitant en bordure des forêts en particulier, continuent de pratiquer la déforestation. Les feux de brousse ou " tavy " qui consistent à incendier des forêts, sont une pratique très fréquente à Madagascar. De vastes espaces forestiers sont ainsi brûlés pour être transformés en champs de culture. Cette pratique paysanne visant la perpétuation de la culture léguée par les ancêtres, est interdite depuis quelques années pour ne pas déstabiliser l'écosystème et partant, pour éviter des conséquences néfastes à la vie de l'humanité, non seulement au niveau environnemental mais également sanitaire.

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Face à cette recrudescence de la déforestation, le Premier ministre Omer Beriziky a fait appel hier à toutes les autorités compétentes pour les inciter à appliquer les règles appropriées visant à l'éradiquer. Pour ce faire, il a évoqué l'application du dina consistant à ce que les gens pratiquent les tavy seront punis par loi. En d'autres termes, les paysans qui essaient de vivre en perpétuant ces us et coutumes d'antan seront sanctionnés et arrêtés. Ce qui n'est malheureusement pas le cas dans les affaires de bois de rose où plusieurs personnalités ne sont, ni impliquées, ni arrêtées. 

Pourtant  la culture sur brûlis (tavy) est une composante importante de l'agriculture et de l'économie locale. Le tavy est surtout utilisé pour convertir la forêt tropicale en rizières. D'habitude, on coupe un ou deux acres de forêts, on les brûle, avant d'y planter du riz. Après un ou deux ans de production, la parcelle est laissée au repos pendant 4 à 6 ans, puis on répète le procédé. Et pourtant, le tavy est le plus sûr moyen pour les riziculteurs de subvenir aux besoins de leur famille. Compte tenu de l'état de pauvreté dans lequel ils vivent, les conséquences à long terme de leurs actions ne sont pas leur première préoccupation. De leur point de vue, s'il reste de la forêt à brûler, autant le faire avant le voisin.

Le tavy en vue de la culture du riz, a des origines culturelles et spirituelles qui vont au-delà de la valeur économique et nutritionnelle du riz. Certes, il indispensable de faire appliquer le dina et partant, de faire appel à tout le monde pour lutter contre le tavy.  De même, les autorités compétentes devraient présenter des dispositifs pour que les paysans puissent vivre mais, face à la croissance démographique, les terres ou plus précisément les champs existants, ne suffisent plus. Ce qui expliquerait pourquoi le tavy mais en dépit de cela, les gens se déplacent au cœur des forêts pour le pratiquer.

 

R.V.

La Gazette

 

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