Morondava démarre le tourisme local 

Publié le par Alain GYRE

Opportunité d’affaire : Morondava démarre le tourisme local 

  1-morondava.jpg

La ville de Morondava est dotée d’infrastructures et de rues parfaitement bitumées

 

La réhabilitation des routes nationales 34 et 35 a fait de Morondava la nouvelle destination des touristes nationaux. Mais beaucoup reste à faire pour que la ville puisse absorber une grosse affluence de vacanciers.

 

Un nouveau départ. La récente réfection de la RN34 et de la RN35 a changé la donne à Morondava. La ville sinistrée, presque condamnée à disparaitre, il y a encore quatre ans, renaît complètement. L’axe routier principal, bitumé, a changé littéralement le visage du centre-ville. Le sable épais qui recouvrait la chaussée à Morondava a disparu. Et depuis cette année, le nombre de visiteurs locaux ayant choisi cette destination sud-ouest a sensiblement augmenté. 

Morondava s’anime et se prépare pour un développement important du tourisme local. L’affluence, déjà enregistrée cette année, n’est qu’un début. Tous les professionnels et techniciens du secteur touristique s’accordent à dire qu’une ruée des vacanciers nationaux est à prévoir, l’année prochaine, dans la capitale du Menabe. 

Morondava n’est plus une ville inconnue des touristes étrangers. C’est une escale incontournable pour ceux qui veulent visiter les Tsingy de Bemaraha et la célèbre Allée des baobabs. Les touristes débarquent par avion ou arrivent par la route, font une halte obligatoire d’au moins une journée à Morondava avant de prendre la piste depuis Belo-sur-Tsiribihina, laquelle se dirige vers Bekopaka, le village situé le plus près des Tsingy. 

Les établissements hôteliers de luxe existent déjà à Morondava, la plupart implantés à Anosikely, le quartier branché de la ville, situé au bord de la mer. Vu leur clientèle-cible, la nuitée coûte évidemment cher dans ces hôtels, avoisinant les 100 000 ariary. Les activités nocturnes y sont également concentrées, rendant le centre-ville quasi-désert à partir de 21 heures.   

Si  Morondava veut cibler les touristes locaux, elle doit adapter ses offres aux besoins et au pouvoir d’achat des Malgaches, en augmentant, en premier lieu, le nombre de lits de prix accessibles à des familles disposant d’un budget limité. 

Manque de loisirs

« Des chambres à 10 000, 20 000 ou 30 000 ariary existent déjà, à l’heure actuelle, mais à la moindre affluence de visiteurs, comme c’était le cas lors de la tenue la Journée professionnelle de la pêche, elles sont vite prises d’assaut et totalement occupées », s’est plaint un vacancier dépité. 

C’est pareil pour la restauration. Les petits restaurants locaux offrant des menus à prix raisonnable sont encore très peu nombreux et affichent complet aux heures du déjeuner et du dîner. 

Le manque, voire l’absence de divertissements et de loisirs notamment nocturnes, constitue une faiblesse de la destination Morondava. Dès la tombée de la nuit, le bord de mer est désert et se trouve plongé dans le noir. Les rares épi-bars, qui essaient tant bien que mal de créer une certaine ambiance avec de la musique, ont encore du mal à convaincre les vacanciers à rester. Or, Mahajanga, le principal concurrent de la capitale du Menabe, attire les noctambules noceurs grâce à un éventail de délassements, ne serait-ce que les brochettes-party.

Bref, malgré la bonne perspective qui se profile, Morondava est encore loin d’être préparée pour devenir une grande destination vacances. Il existe un marché à prendre mais il faut investir, et la balle est dans le camp des opérateurs économiques et touristiques. 

 

Mahefa Rakotomalala

 

Vendredi 13 septembre 2013

L’Express

Publié dans Revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article