Sylange. Reine du kilalaka

Publié le par Alain GYRE

Sylange. Reine du kilalaka

(05-09-2014)

Après une absence de deux longues années, Sylange – le Tsiliva féminin – revient avec de nouveaux titres et l’envie de briller à nouveau au firmament du kilialaka. Un genre qu’elle prend très au sérieux, comme ses chansons qui donnent autant à danser qu’à réfléchir. Ca alors

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Comme il y a des reines du tsapiky, au hasard Vaiavy Chila ou Dah’Mama, il y a forcément une reine du kilalaka, du côté de Toliara. Celle qui a tous les atouts pour se présenter comme l’équivalent féminin de Tsiliva ou Barinjaka a 28 ans et répond précisément au doux nom de Sylange Kilalaka, ça tombe bien ! Une des toutes premières à avoir pensé à poser des contorsions fessières sur cette danse très déhanchée inspirée des dahalo (voleurs de zébus) du Sud-Ouest : ils mimeraient ce curieux emboîtement, si caractéristique du kilalaka, à chaque prise de bétail, en signe de victoire.

 

Comme pionnière du genre, dès 2007, la belle Raharimalala Laurence Sylvie, son nom à l’état civil, eut son heure de gloire dans toutes les boîtes de Toliara, mais choisit de s’éclipser pendant deux longues années pour se ressourcer. Ce qui aurait pu lui être fatal. Eh bien, pas du tout !

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La voici de retour avec de nouveaux titres comme Biby Mifankatia (Les animaux s’aiment) ou Sômanay (Notre jeu), et tout de suite on ne voit qu’elle, on n’entend qu’elle… seule et vraie reine du kilalaka !

 

« J’ai eu envie de refaire des cabarets, puis j’ai participé à l’ouverture du Mafana Ririnina en juin dernier. Partout j’ai été très touchée par l’accueil du public, d’où l’idée de revenir avec ces nouveaux titres. » Comme Barinjaka, dont elle se dit « fan inconditionnelle », elle interprète le kilalaka comme un élément fondamental du patrimoine du Sud-Ouest, bien que le genre remis en selle par Tsiliva – disons sa version club – soit relativement récent : une petite dizaine d’années.

 

C’est bien dans l’optique de donner à entendre le vrai kilalaka de la brousse, qu’elle met en avant les instruments traditionnels comme le kabôsy ou les djembés. Mais ça bouge tout autant du popotin, un régal de sensations fessières ! Un kilalaka festif, donc, mais qui n’hésite pas pour autant à délivrer de vrais messages dans ses textes, comme la tolérance et le respect. « Dans Biby Mifankatia, je dis que si les animaux peuvent vivre ensemble, pourquoi pas nous ? L’actualité est tellement lourde ces derniers mois, avec tout ce qui se passe dans le Sud quand on parle des dahalo… »

 

Une chose qu’on ne pourra jamais lui reprocher, qu’elle n’a pas l’esprit de famille. Pour les grands concerts, ils sont treize frères et sœurs à se partager l’estrade. En formation réduite, Sylange est accompagnée par Sandyah et Laeticia, ses cousines jumelles, choristes et danseuses, et de quelques mâles pour faire bonne mesure. La mozika mafana (musique chaude) est une perpétuelle improvisation en fonction du mood du public. Avec le kilalaka, cela se double de vraies performances sportives, car les pas sont incroyablement techniques, les contorsions quasi acrobatiques. « Si je danse le kilalaka et qu’en sortant de scène je n’ai pas mal au bassin, aux genoux et aux pieds, c’est que quelque part j’ai raté ma prestation », estime-t-elle. Vous voilà prévenus !

 

#AinaZoRaberanto

 

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Publié dans Revue de presse

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