Travail dangereux des enfants : Plus de 400 000 enfants malgaches pris dans l’engrenage

Publié le par Alain GYRE

Travail dangereux des enfants : Plus de 400 000 enfants malgaches pris dans l’engrenage

 18/04/2013

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Le travail domestique, les travaux de carrière et l’orpaillage, le portage et la manutention, la prostitution, les travaux dans l’élevage et l’agriculture, et depuis peu, dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, sont les principaux types de travail dangereux exercés par des enfants à Madagascar.

Quelque 1 873 000 enfants de cinq à 17 ans sont économiquement actifs à Madagascar, selon l’enquête nationale sur le travail des enfants en 2007. Soit, 28% des enfants de cette tranche d’âge. 28% d’entre eux, soit 438 000 enfants, sont soumis à un travail dangereux. La région du Vakinankaratra figure parmi celles la plus touchée, autour de 46% des cinq à 17 ans. Autant de chiffres qui laissent transparaître l’étendue du fléau, dont la cause principale est la pauvreté. Ces dernières années, le phénomène a pris de l’ampleur en raison de la crise politique à l’origine de la perte de 300 000 emplois, et de la pauvreté grandissante qu’elle a engendrée. Récemment, le programme BIT/IPEC-TACKLE a effectué un travail d’élaboration d’une liste des formes dangereuses du travail des enfants à Madagascar. Celle-ci vient d’être validée, hier, au terme d’un atelier.

Longue liste. Les secteurs de l’agriculture et de l’élevage à travers des activités d’aide familiale dans les activités rizicoles (labours, semis, repiquage, sarclage, moissonnage), le gardiennage de bovidés, le secteur de l’extraction minière et l’orpaillage artisanal, le commerce (gargote, vente ambulante, etc…), l’hôtellerie et la restauration (cuisine, vaisselle, service au client, service d’étage), le travail domestique, sont les principaux secteurs touchés par les travaux dangereux des enfants. S’y ajoutent la prostitution, le commerce de stupéfiants, les activités dans les abattoirs, le nettoyage de véhicules sur la voie publique, la pêche artisanale, voire la mendicité. Bref, une longue liste et une multitude de secteurs où les enfants s’exposent à des dangers menaçant leur intégrité physique et leur développement. Les fatigues excessives entravant leur croissance, les accidents contre lesquels ils ne sont pas protégés, les diverses formes de violences, maltraitances et abus, sont autant de risques compromettant le développement et l’avenir de ces enfants.

Vakinankaratra, Betsiboka et Ihorombe. La liste des travaux dangereux des enfants, validée hier, servira alors d’outil de travail pour les acteurs engagés dans la lutte, pour de futures actions plus efficaces. Ce fléau reste, en effet, un problème majeur dans le pays, en dépit de la ratification par la Grande Ile des conventions internationales de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) relatives à la lutte contre le travail des enfants - notamment les conventions n°138 sur l’âge minimum d’accès au travail, ratifiée en 1999 et n°182 sur les pires formes de travail, ratifiée en 2001.

L’élaboration de la liste validée, hier, est l’aboutissement de la démarche du BIT/IPEC-TACKLE qui a effectué une série de consultations régionales, notamment dans le Vakinankaratra, le Betsiboka et l’Ihorombe où les taux d’enfants économiquement actifs sont parmi les plus élevés. Durant l’atelier, un plan de formalisation de la liste a été finalisé. Dès le mois prochain, des activités de révision du décret sur le travail des enfants et du dispositif pénal du code du travail, démarreront et s’étaleront sur toute l’année. Une soumission en conseil des ministres des textes d’amendement est estimée pour le courant des mois de septembre-octobre et une soumission au parlement, vers le premier trimestre 2014. Si l’évolution de la situation politique le permet…

Hanitra R.

Midi Madagasikara

 

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